Notions diverses

- Le romantisme commence à la fin du 18e et dure jusqu’en 1850. Il naît en Allemagne, comme une réaction à l’empire de la raison de KANT. On met en avant le sentiment, l’imagination, l’expérience et la nostalgie.
- Culte du moi. Kant avait d’ailleurs souligné l’importance du sujet sur la voie de la connaissance. Chacun peut redéfinir son rapport au monde et donner sa propre interprétation du réel. L’idée de génie artistique est la quintessence de l’esprit romantique (BEETHOVEN).
- Traits communs avec la Renaissance : l’art comme moyen de connaissance.
- Dans son Esthétique, Kant s’interroge sur l’origine de notre ravissement face à la beauté et conclut que c’est la forme d’expression de la chose en soi. Il reconnaît qu’on déborde du strict cadre de la raison.
- L’artiste peut donc faire passer quelque chose que les philosophes sont incapables d’exprimer. Pour SCHILLER, l’activité artistique est comme un jeu où l’homme est libre car il invente ses propres règles. L’art seul nous permet de cerner l’indicible (artiste = Dieu). Notion d’imagination créatrice : l’élan créateur abolit la distance entre le rêve et la réalité.
- Pour NOVALIS, (Die blaue Blume) « le monde devient rêve, le rêve devient monde. » Le héros d’Heinrich von Ofterdingen part à la quête de la « fleur bleue », vue en rêve. Même chose pour COLERIDGE en Angleterre.
- Cette nostalgie est la quête de quelque chose d’éloigné et d’insaisissable. On regrette également le Moyen Age (sont le siècle des Lumières avait donné une image négative), on se passionne pour les cultures lointaines (Orient), la nuit, le crépuscule, les ruines, le surnaturel, bref l’aspect nocturne de l’existence.
- Le romantisme est avant tout un phénomène urbain qui correspond à l’épanouissement culturel des grandes villes européennes à la moitié du XIXe siècle.
- La première génération qui a 20 ans en 1800 se révolte. C’est la première révolte de la jeunesse en Europe qu’on pourrait comparer au mouvement hippie des années 1960 : oisiveté et paresse, expériences diverses afin de s’échapper du monde par le rêve.
- Amour impossible : Les Souffrances du jeune Werther (GOETHE, 1774).
- Nostalgie d’une nature sauvage et mystique (vision créées de toute pièce). La nature est un tout. Cf. tradition de SPINOZA, PLOTIN, BÖHME, G.BRUNO (un « moi » divin au sein de la nature). La nature est un immense « moi ». Pour FICHTE, elle est l’imagination d’une instance supérieure.
- SCHELLING veut abolir la différence entre esprit et matière. La nature est l’expression d’un absolu ou de « l’esprit du monde » (cf. SPINOZA) : « La nature est l’esprit visible, l’esprit la nature invisible. » Dans la nature, on peut voir un « esprit qui ordonne et structure ». La « matière est de l’intelligence ensommeillée. »On peut chercher « l’esprit du monde » dans la nature comme en soi-même. (cf. NOVALIS : « le chemin mystérieux va vers l’intérieur ». L’homme porte l’univers en lui.) Schelling observe une évolution : terre ->pierre ->homme. Il en est de même de la nature, un organisme qui laisse s’épanouir ses possibilités internes. (cf. aussi ARISTOTE et néo-platonisme).
- Même raisonnement pour l’histoire avec HERDER : le cours de l’Histoire est le fruit d’un processus visant à un but bien précis. Il en a une conception dynamique (alors que le XVIIIe en avait une vision statique), rendant justice à chaque époque ; chaque peuple a sa spécificité (il parle de « l’âme d’un peuple »).
- Ainsi, le romantisme contribue à renforcer l’identité culturelle de chaque nation :
- le romantisme universel (référence à la conception de la nature, l’âme du monde et le génie artistique) qui se développe à Iéna à partir de 1800
- le romantisme national qui se développe à Heidelberg un peu plus tard et s’intéresse à l’histoire, la langue du peuple et la culture populaire (HERDER, contes des frères GRIMM, HOFFMANN). Le conte est la forme littéraire de prédilection du romantisme car il fait appel à l’imagination, (la période baroque privilégiait le théâtre).
- On parle de « l’ironie romantique » : rupture de l’illusion ; l’écrivain brise le charme avec ses commentaires ironiques pour le lecteur. Cf. IBSEN : « Personne ne meurt au beau milieu du cinquième acte. » (Peer Gynt)
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