Mlle de Scudéry aimait s'entourer d'animaux : elle avait un chien, un chat, des tourterelles - qu'elle libéra -, une tortue dans son jardin, une guenon et un perroquet - auquel Leibniz adressa des vers latins - et trois caméléons qu'on lui avait rapportés d'Égypte. Comme Mme de Sévigné, elle protesta contre la théorie de Descartes des animaux-machines dans une lettre à Huet de 1689, dont elle venait de recevoir un ouvrage en latin contre le philosophe, Censura philosophica cartesiana : « ... Je voudrais bien cependant que vous m'eussiez aussi envoyé quelque habile traducteur, afin de ne perdre rien d'un livre qui n'est pas favorable à certaines machines cartésiennes, contre lesquelles je me suis déclarée hautement il y a longtemps, sans employer pourtant contre le philosophe que mon chien, ma guenon et mon perroquet. Le philosophe que vous attaquez si vivement a une nièce - Catherine Descartes, renommée pour sa culture et son esprit - que j'aime beaucoup et qui a infiniment de mérite ; mais elle entend raillerie sur la philosophie de son oncle, comme vous le verrez par un madrigal qu'elle m'envoya au commencement d'avril, lorsqu'elle sut que la pauvre fauvette était revenue dans mon petit bois - le jardin attenant à sa maison du Marais -, suivant sa coutume :
« Quand la plus belle des fauvettes
Je vis revenir où vous êtes,
Ah ! m'écriai-je alors avec étonnement,
N'en déplaise à mon oncle, elle a du jugement. »
Toutes ces dames chérissaient les animaux domestiques : Mlle de Scudéry, à part sa fauvette, aimait sa colombe et son caméléon ; Mme de Montglas ses chiens et ses chats ; la Palatine ses chiens ; la duchesse de Bouillon sa guenon ; les nièces de Mazarin, une ribambelle ; Mme du Plessis-Bellière, amie de Fouquet, son perroquet auquel on fit l’hommage de vingt-huit bouts rimés pour la consoler de son trépas qui l'attrista davantage que celui de son mari, survenu peu après...
Chez elle, les domestiques proposaient, en vers aux aussi, douceurs et rafraîchissements : à force d’en entendre, les rimes se formaient spontanément dans les esprits. On dégustait du vin doux, du sirop d’orgeat, des biscuits à la cannelle, des fruits confits, des tartelettes aux amandes, des tartes aux fruits, des brioches, des confitures et des pets-de-nonne. On y dégustait le moins de viande possible en raison de cette passion pour les animaux.