La mode de la Régence offre un grand changement par rapport à la fin du règne de Louis XIV.
Les élégantes font appel aux « coiffeurs de dames » qui demandent au parlement à être distingués des barbiers perruquiers. C’est la naissance d’un nouveau métier.
L’habillement féminin se transforme également : paniers (jupon garni de baleines ou d’osier) à guéridons, à coupoles, à entonnoirs, à bourrelets, à gondoles. Arlequin chante sur les tréteaux des foires : « J’ai des paniers, des solides pour les prudes, des pliants pour les galantes ! ». Les décolletés plongent. La princesse Palatine, ni prude, ni bigote pourtant, tonne contre ces « négligés que les honnêtes femmes n’ont pas le courage de condamner et dont l’indécence ne les effraie plus. » On ne ploie plus sous le grand habit paré mais on est vêtue de satin et enveloppée de mousseline, chaussée de mules, en un mot pimpante et capiteuse.
On songe à Watteau dont L’Embarquement pour Cythère succède aux mythologies de Le Brun et marque une date : transformation d’une représentation théâtrale de l’existence en une description de caprices aimables, d’ombres vives et gracieuses, de chatoiements de soieries et couleurs.
On note également des changements dans la décoration et l’ameublement : les bois colorés succèdent à l’ébène de Boulle, les marqueteries de bois de rose laissent la place aux incrustations d’écaille et de métal et aux panneaux recouverts de vernis de Chine.
Sources : La Régence, Aimé Richard, Tallandier, 2003.