
Beaujon, le banquier de la cour, paie les bijoux, sans jamais discuter le prix. Les mémoires des joailliers s’élèvent à plus de deux millions de livres entre 1768 et 1774. Autres prodigalités royales : un million deux cent mille livres de pension annuelle et 150 000 livres de rentes viagères, un nombreux personnel composé de couturières, parfumeurs, suisses, postillons, cochers, piqueurs, coureurs, valets de pied, femmes de chambre. Ajoutons les oeuvres d’art, les meubles, les robes, les équipages… Aucune favorite avant elle n'a connu un train de vie semblable, nous dit Maurice Lever dans sa biographie de Louis XV (Louis XV, libertin malgré lui).
Suivons l'épopée desbijoux :
* janvier 1791 : vol à Louveciennes des bijoux de Jeanne, retrouvés à Londres en février.
* février-mars 1791 : premier séjour de Jeanne à Londres, avril-mai : deuxième séjour, mai-août : troisième séjour. Difficultés juridiques pour récupérer ses bijoux. Jeanne fréquente les émigrés. Blache, espion, note tous ses faits et geste.
* octobre 1792-mars 1793 : quatrième séjour à Londres. Elle tombe sous le coup de la loi contre les émigrés, les scellés sont posés à Louveciennes.
* été 1793 : Greive (agitateur professionnel), Zamor (son ancien page) et Salanave (ancien domestique) montent un dossier pour la perdre, espérant piller ses biens ; le rapport rédigé par Blache les y aidera. Suspectée du crime d’émigration, Jeanne est inquiétée puis momentanément disculpée.
* septembre 1793 : loi contre les suspects (le 17). Commencement officiel de la Terreur. Le 22 septembre, Jeanne est arrêtée et enfermée à Sainte-Pélagie. Louveciennes est livrée au pillage.
* 6 et 7 décembre 1793 : Jeanne comparaît devant Fouquier-Tinville.
* 8 décembre 1793 au soir : exécution de Jeanne.
Sources : « Repères chronologique », La Presque Reine, Pascal Lainé, Éditions de Fallois, 2003.
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