
Mme de La Tournelle (née Marie-Anne de Mailly-Nesle) est la plus belle des cinq sœurs de Mailly-Nesle que Louis XV prit successivement pour favorites, ce qui fit naître ce pamphlet :
« L'une est presque oubliée,
L'autre est presqu'en poussière,
La troisième est en pied,
La quatrième attend
Pour faire place à la dernière.
Choisir une famille entière,
Est-ce être infidèle ou constant ? »
Nous avons noté les ligne suivantes dans un ouvrage (1) :
« Mme de La Tournelle est belle - et point ses sœurs -. Le portrait que Nattier fait d'elle vers 1740 sous l'allégorie du Point du Jour nous montre, se détachant sur un fond en subtil dégradé de bleus et de bruns, une éclatante jeune femme au visage rond et régulier, aux joues pleines, à l'opulente gorge très blanche, nonchalamment étendue sur un nuage, tenant dans sa main gauche une torche enflammée - un « flambeau qui n'est, à ce que pense M. le prince de Conti et toute la France avec lui, qu'une faible image du feu de ses yeux. » Un portrait si beau et si ressemblant à la fois, que la conjonction des deux tenait du miracle. Toutes les dames voulurent avoir le leur : Nattier y gagna ses entrées à Versailles comme portraitiste de cour. Louis XV la fit duchesse de Châteauroux, ce qui ne l'empêcha pas de mourir à vingt-sept ans. Choiseul écrit dans ses Mémoires : « Le Roi ne se souvint pas longtemps qu'il avait cru l'aimer car, dans l'hiver même, quatre mois tout au plus après sa mort, il prit madame d'Etiolles (2), femme d'un fermier général, qu'il logea à Versailles, dans l'appartement de feue madame de Châteauroux. Elle coucha dans le même lit que cette précédente maîtresse et il faut convenir que, s'il y a eu de la force d'esprit au Roi dans cet oubli de toute bienséance, il n'y avait de sa part ni délicatesse, ni force de sentiment. » (fin de citation)
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Notes
(1) Maurice Lever sous toutes réserves.
(2) La future Mme de Pompadour.
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