* Sur la nouvelle espagnole, Scarron s’exprime ainsi dans Le Roman comique en 1657 :
« Les Espagnols avaient le secret de faire de petites histoires qu’ils appellent nouvelles qui sont bien plus à notre usage et plus selon la portée de l’humanité que des héros imaginaires de l’Antiquité, qui sont quelquefois incommodes à force d’être trop honnêtes gens... Si l’on faisait des nouvelles en français aussi bien faites que quelques-unes de celles de Michel de Cervantès, elles auraient cours autant que les romans historiques. »
Scarron apprécie donc la proximité des personnages de notre vie quotidienne.
* Sur la différence entre le roman et la nouvelle, voici le point de vue de Segrais dans Les Nouvelles françaises (1656) :
« Qu’au reste il me semble que c’est la différence qu’il y a entre le roman et la nouvelle, que le roman écrit les choses comme la bienséance le veut à la manière du poète, mais que la nouvelle doit un peu davantage tenir de l’histoire et s’attacher plutôt à donner les images des choses comme d’ordinaire nous les voyons arriver que comme notre imagination se les figure. »
Segrais, en quelque sorte, se veut un réaliste avant l’heure.
* Sur le goût du vrai, Sorel écrit dans La Bibliothèque française (1664) : « Beaucoup de gens se plaisent davantage au récit naturel des aventures modernes, comme on en met dans les histoires qu’on veut faire passer pour vraies non pas seulement vraisemblables. »
Il rejoint le point de vue des précédents.
* A propos des nouvelles, Sorel écrit également dans De la connaissance des bons livres (1671) :
Il faut que nous considérions encore que depuis quelques années les trop longs romans nous ayant ennuyés, afin de soulager l’impatience des personnes du siècle, on a composé plusieurs petites histoires détachées qu’on a appelées des « Nouvelles » ou des « Historiettes ». Le dessein en est assez agréable, on n’y a pas tant de peine à comprendre et à retenir une longue suite d’aventures mêlées ensemble. »
Brièveté et simplicité, donc.
* * *