
Lentement mais sûrement, la ville de Paris s'embellit. Louis XIV se fait le protecteur des arts. Si Versailles lui suffit - bel euphémisme -, il sait bien que la capitale du royaume doit refléter son pouvoir.
On doit à Claude Perrault [1] La Colonnade du Louvre (1667-1674), l’Arc de Triomphe du Faubourg St-Antoine (1670) et l’Observatoire (1667-1674), à Lionel Bruand l’Hôtel des Invalides [2] (1671-1674).
Architectes, peintres (Poussin, Claude Gellée dit Le Lorrain, Philippe de Champaigne, Le Nain, Mignard, Le Sueur, Bourdon, Le Brun), portraitistes (Largillière, Rigaud), graveurs (Callot, Bosse) et sculpteurs (Puget, Girardon, Coysevox, Nicolas, Couston) prolifèrent. En 1648 fut créée l’Académie royale de peinture et de sculpture, reconstituée par Colbert en 1664 : il organisa les premières expositions de tableaux, notamment en 1673 dans la cour du Palais-Royal et en 1699 dans les galeries du Louvre. Mondains et mondaines affluèrent. En 1666 fut fondée, pour former les artistes, l’Académie de France à Rome, qui en 1676 fut rattachée à l’Académie royale de peinture et de sculpture. En 1671 fut créée l’Académie d’architecture et en 1669. l’Académie royale de musique.
C’est à l’Académie royale de peinture et de sculpture que prit naissance la critique d’art. Sur la proposition de Colbert on institua en 1667 des conférences qui durèrent jusqu’en 1682 : le premier samedi de chaque mois un membre de l’Académie prenait la parole pour disserter sur un tableau ou sur une question plus générale. Ainsi eurent lieu des conférences de Le Brun [3] sur le Saint-Michel de Raphaël, de Philippe de Champaigne sur La Mise au tombeau du Titien, de Mignard sur La Sainte Famille de Raphaël, de Sébastien Bourdon sur Les Aveugles de Jéricho et sur la lumière, d’Oudry sur Largillière, etc. On peut supposer que nos « femmes savantes » assistèrent à quelques-unes d’entre elles… ou bien était-ce trop leur demander ?... Aucune source n’en témoigne.
Au 18e siècle, Diderot prit la suite de la critique d'art avec ses Salons. Mais on peut lui reprocher une approche trop littéraire alors que ces conférences avaient un caractère technique et quasiment professionnel.
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Notes
[1] Les quatre frères Perrault se distinguèrent chacun dans leur spécialité. On doit au plus jeune, Charles, les Contes de ma mère l’Oye (1697). Il eut des initiatives intéressantes : ouverture au public du Jardin des Tuileries à la suite d’une démarche auprès du roi en faveur des enfants, élection des Académiciens au scrutin secret et ouverture au public des séances de réception à l’Académie française.
[2] Sauf le dôme qui fut construit par Mansart au tout début du 18e siècle.
[3] Directeur par ailleurs de la Manufacture des Gobelins et de l’Académie de Rome.
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