« Connaître sert beaucoup pour inventer. » (Mme de Staël)

Notes de Baudelaire sur le 18e pour ses critiques d'art

   Nous avons reproduit ces notes telles que les écrivit sans doute Baudelaire (minuscules ou majuscules, signe =, abréviations, etc.)

   « Dans l’article du Mercure de France du 15 septembre 1935, par Jacques Crépet, on lit qu’il a retrouvé ces notes, parfois difficilement lisibles, dans les papiers de son père, lequel en avait levé une copie d’après un autographe de Baudelaire qui n’a pas été retrouvé. Il revient à Georges Blin (Annuaire du Collège de France, 6e année [1969-1970], Résumé des cours de 1968-1069, p. 532 d’avoir découvert et signalé que ces pages n’étaient pour la plus grande partie que des notes de lecture prises par Baudelaire dans le livre d’Edmond et Jules de Goncourt, La Femme au dix-huitième siècle, Librairie de Firmin Didot, fils et Cie, 1862. Ces pages avaient été intitulées : Notes sur les peintres des mœurs. Il est bon de leur donner désormais un titre moins précis, même si elle sont en relation avec le projet d’élargissement de l’essai sur Guys aux peintres des mœurs du 18e siècle, - en relation indirecte plutôt que directe. » (Note de Claude Pichois dans l’édition des Œuvres complètes de Baudelaire (La Pléiade).    

* Un salon en 1730

- Panneaux de soie sur les murs

- Glace surmontée de sirènes.

- Fauteuils lourds à pieds tordus.

- (L’Hiver de Lancret, gravé par J.-P. Lebas

Note : Baudelaire recopie la même faute que les Goncourt : il s’agit de Jean-Philippe Lebas.  

* Chambre à coucher

- Une délassante = sopha, devant la toilette.

- La toilette et une table surmontée d’une glace parée de dentelles et de mousselines, encombrée de fioles, de pots, de tresses et de rubans. Brochures çà et là.

- (Voy. Mercure de France, 1722.)

- Cartel en forme de lyre, - paravent.

- Coffre aux robes.

- (La Toilette, peinte par Baudouin, gravée par Ponce.

- Le Lever, gravé par Massard.)

* Costume des suivantes

- Petit papillon de dentelles posé sur le haut de la tête. – Fichu des Indes glissant entre les deux seins. – Bras nus sortant des dentelles. – Jupe à falbalas retroussée. – Grand tablier de linge à bavette sur la poitrine.

- (V. Freudeberg pour le Monument du costume physique et moral du XVIIIe siècle. – La femme de chambre, par Cochin, la jolie femme de chambre, publié chez Aveline.)

* Découpage

- On découpait surtout des estampes coloriées, puis on les collait sur des cartons, on les vernissait, et on en faisait des meubles et des tentures, des espèces de tapisseries, des paravents, des écrans.

- (Lettres de Mlle Aïssé.)

* Bals

- Grosses bougies de cire.

- Dominos larges, avec des manches à gros nœuds. – Masques très lourds d’où pendent deux rubans noirs, avec des laizes [?] blanches. 

- (Les Préparatifs du bal par de Troy, gravé par Beauvarlet.) Usage des tabatières, v. les femmes.

Note : peut-être faut-il lire le mot « gaze » pour « laize ».  

* Le rouge du visage

- Très haut en couleur, très exagéré le jour de la Présentation à la Cour.

- Voir les portraits de Nattier où il est éclatant et Correspondance inédite de Mme du Deffand.

- Esprit général des modes sous la Régence.

- Fêtes données par Mme de Tencin au Régent.

- Allégories mythologiques. – Les couleurs que les femmes portent sont celles des éléments, l’Eau, l’Air, la Terre, le Feu.

- Nymphes, Dianes.

- (Figures françaises de modes, dessinées par Octavien, Paris, 1725.)

- Les Iris et les Philis de Troy ont un costume du matin garni de boutonnières en diamants – un bonnet de dentelles à barbes retroussées en triangle. Nœuds du ruban du corset en échelle. 

* Le panier

- Importé en France par deux dames anglaises.

- En 1714 s’exagère de plus en plus.

- (Cabinet des Estampes, Histoire de France, vol. 53.)

- Voyez Marché aux paniers, 1719.

- Satyre (sic) sur les cerceaux, Thiboust, 1727.

* Galons

- Sous le système de Law, avec de l’or d’un seul côté qu’on appela galon du système.

- Après le procès du P. Girard, 1731, Rubans à la Cadière.


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* Coiffures et vêtements

- Le Glorieux et Le Philosophe marié de Lancret, gravé par Dupuis.

- Le corsage s’ouvre sur un corps garni d’une échelle de rubans. Au côté un « fagot de fleurs ». – Manchettes de dentelles à trois rangs. – Gants jusqu’au coude. – Étoffe de brocart très chamarrée. – Dans le « grand habit à la Française », la robe décolletée et basquée faisait paraître le corps de la femme isolé et comme au centre d‘une vaste draperie représentée par la jupe. – La robe s’ouvrait en triangle sur une robe de dessous. – La femme était coiffée à « la physionomie élevée » avec quatre boucles détachées et le confident abattu sur l’oreille gauche. – Perles aux oreilles et un bandeau de perles sur les cheveux.

* Costume de maison pour femmes

- Bonnet rond, à rubans roses. – Sous son manteau de lit de la plus fine étoffe on aperçoit son corset garni sur le devant et sur toutes les coutures d’une dentelle frisée, mêlée çà et là de touffes de « soucis d’hanneton ».

- La Fontange se retrouve partout, enrubanne tous les vêtements.

- Canne d’ébène à pomme d’ivoire.

* Coiffures

- Basses à partir de 1714.

- Les femmes frisées en grosses boucles à l’imitation des hommes. On jette sur les rouleaux une plume, un diamant, un petit bonnet à barbes pendantes.

* Costume du coiffeur

- Veste rouge, culotte noire, bas de soie gris. 

Note : à partir d’ici, les notes de Baudelaire ne doivent plus rien aux Goncourt.

* Costumes

- Homme. – Habit long à taille longue.

- Le gilet presque aussi long que l’habit descend jusqu’à moitié de la cuisse.

- V. au cabinet des Estampes.

  1. dans l’oeuvre de Watteau : Watteau et Julienne. Note : estampe gravée par Tardieu. Watteau s’y est représenté la palette à la main, près de son protecteur Jean de Julienne, qui joue de la basse.
  2. Lancret : L’Adolescence. V. id. Le Glorieux dans l’œuvre de Lancret.

- Très important.

- Le Philosophe marié, du même.

- V.id. dans la Collection de l’Histoire de France-Régence : Ballet donné à Louis XV par le duc de Bourbon à Chantilly.

- Costumes militaires suisses pour le 3e acte. Voyez Uniformes militaires de Montigny, petit volume in-12.

- Femmes. – Robes du matin.

- Voyez Les Deux Cousines et L’Île enchantée de Watteau.

* Chevalier de Malte

Doit porter, après sa profession,

- Sur le côté gauche du manteau la croix de toile blanche à 8 pointes, qui est le véritable habit de l’ordre (la croix d’or n’étant qu’un ornement extérieur). – Lorsqu’ils vont à la guerre, ils portent une casaque rouge ornée par-devant et par-derrière d’une croix pleine.

- Le manteau qui se donne à la profession, est à bec, de couleur noire, s’attache au cou avec un cordon de soie blanche et noire. Ce manteau a deux manches, longues d’environ une aune, larges par-devant d’un demi-pied environ, et se terminant en pointes.

Autrefois elles se rejetaient sur les épaules et se nouaient ensemble sur les reins.

(Histoire générale des ordres religieux, de l'abbé Bonanni.)

Remarque : Baudelaire écrit à propos des Salons : Ce sont « d’utiles guide-ânes qu’on nomme des comptes rendus. »  

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Date de dernière mise à jour : 05/05/2021