MORALITE
La beauté, pour le sexe, est un rare trésor ;
De l’admirer jamais on ne se lasse ;
Mais ce qu’on nomme bonne grâce
Est sans prix, et vaut mieux encor.
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C’est là qu’à Cendrillon fit avoir sa Marraine,
En la dressant, en l’instruisant,
Tant été si bien qu’elle en fit une Reine :
(Car ainsi sur ce conte on va moralisant.)
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Belles, ce don vaut mieux que d’être bien coiffées :
Pour engager un cœur, pour en venir à bout,
La bonne grâce est le vrai don des Fées ;
Sans elle on ne peut rien, avec elle on peut tout.
AUTRE MORALITE
C’est sans doute un grand avantage
D’avoir de l’esprit, du courage,
De la naissance, du bon sens,
Et d’autres semblables talents
Qu’on reçoit du Ciel en partage ;
Mais vous aurez beau les avoir,
Pour votre avancement ce seront choses vaines
Si vous n’avez, pour les faire valoir,
Ou des parrains, ou des Marraines.
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On peut y voir une attitude satirique et la critique d’un monde où les valeurs essentielles sont ébranlées au profit de la superficialité. Ainsi, on comprend mieux l’idéal classique : « plaire » certes, mais aussi « instruire ».
La première moralité explique que la réussite de Cendrillon est due à sa beauté, son intelligence et sa bonne éducation. Mais la vraie clef du succès réside dans « le vrai don des Fées » (allusion cynique), soit quelque chose d’irréel mais réservé également à une certaine classe sociale. En effet, Cendrillon fait partie de l’aristocratie.
La deuxième moralité appuie cette idée. On présente les qualités de Cendrillon. Toutefois la conjonction de coordination d’opposition « mais » annonce l’idée qu’elles ne suffisent pas. Il est nécessaire d’avoir des parrains et marraines, symboles du laisser-passer et de la bonne famille dont il faut être issu pour avancer.
Ainsi, se placer en haut de la hiérarchie sociale prévaut sur les qualités humaines.
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